mardi 5 février 2019

Massamba le marchand de tours Eiffel






































J'avais dessiné cette scène à l'origine pour la couverture du livre. Elle est devenue finalement une image intérieure.











En décembre dernier, Télérama a publié un très beau papier sur notre album. Je me permets de le copier ici.
Par Marine Landrot :

"Voici un album militant exemplaire qui a trouvé le parfait équilibre entre le fond et la forme. Le fond: l’endurance et le courage des migrants lancés dans leur voyage de survie, et le déploiement d’une acuité de chaque instant qu’exige l’exil, propre à forger des pouvoirs de superhéros. La forme: des illustrations à fleur de peau qui vibrent et qui respirent, des couleurs éclatantes que le papier absorbe et réverbère, en harmonie avec l’intense énergie du personnage. Qui est Massamba, dont le profil de médaille s’affiche sur la couverture de l’album ? La démultiplication des tours Eiffel autour de lui donne des indices. L’homme est auréolé de la vraie, écrasante et en apesanteur, chappe de métal pesant sur sa tête, fusée sortie de ses rêves. Il porte aussi des trousseaux de petites tours Eiffel pour touristes autour des bras, à la fois bracelets et menottes.
Au bout du pinceau d’Alexandra Huard, joyeux et gorgé d’émotion, perle toute l’ambivalence des sentiments qui agitent Massamba depuis sa fuite d’Afrique vers la France, terre d’accueil pas toujours accueillante. Comme Mamadou Gassama, le sans-papiers qui sauva un enfant en escaladant une façade d’immeuble à Paris, Massamba arrache une petite fille des roues d’un autobus. Ce n’est pas cet exploit qui fait de lui un héros, mais bien son art de dynamiter tout ce qui l’enferme, le submerge, par la simple force de son regard, dont les images restituent la sereine féérie. Non seulement l’illustratrice a réussi à illuminer le visage de Massamba, et à capter la force vitale qui le tient debout. Mais surtout, elle a su l’envelopper dans des fonds d’image riches de sens et sidérants de beauté. Gouttes noires de la mer qu’il faut traverser pour fuir, milliers de gravillons tranchants dont le héros s’isole les pieds grâce à des tongs fabriquées avec des bouteilles en plastiques, pépites d’éclairage public qui scintillent à l’infini dans le ciel : à la fois emprisonné et protégé par ce qui l’entoure, Massamba garde confiance et avance. Vivant, quel que soit son environnement."














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