mercredi 9 octobre 2019

Nouveauté : Le lac des cygnes - le grand album du ballet



« De jour, elle obscurcit la lumière de Dieu et, la nuit,
 elle éclaire la terre ; un croissant sous sa tresse brille, 
et sur son front une étoile scintille. »
- Alexandre Pouchkine, Conte du Tsar Saltan




Petite, j'ai rapidement abandonné la danse classique, peu persévérante et vexée d'être la seule du cours à ne pas avoir le droit de porter des pointes...
20 ans plus tard, je travaille pour l'Opéra de Paris sur Le lac des cygnes, sans avoir jamais eu un seul pansement aux orteils.
*** Le dessin = la danse des paresseux ***





À partir de ce jeudi 10 octobre, vous pouvez découvrir en librairie Le Lac des Cygnes, édité chez Nathan en partenariat avec L'Opéra de Paris.
Ce conte est adapté par Pascale Maret.






 







 

En composant Le Lac des cygnes, Tchaïkovski s’empare de la légende de l’oiseau immaculé pour créer l’une des plus belles musiques jamais écrites pour le ballet. Les chorégraphes Marius Petipa et Lev Ivanov donneront leurs lettres de noblesse à l’histoire de cet amour impossible entre un prince terrestre et une princesse-oiseau, et façonneront à leur tour le mythe de la danseuse‑cygne, ballerine par excellence. En créant en 1984 sa version pour le Ballet de l’Opéra de Paris, Rudolf Noureev choisit de lui donner une dimension freudienne, éclairant d’une profondeur désespérée le rêve poétique de Tchaïkovski.

L'album narre le conte original. Nous sommes au château du prince Siegfried, qui se dresse au-dessus d’un lac mystérieux entouré de forêts.
Comme je suis née et que j'ai grandit au bord du lac d'Annecy, habités par de nombreux cygnes, au pied des montagnes, entourée de châteaux... illustrer cet album c'était un peu comme retourner à la maison.
Je me suis inspirée du château de Menthon Saint-Bernard, et j'ai pu me replonger dans les ambiances brumeuses de bord de lac, roseaux, reflets, foret sombre de mon enfance.





Mais contrairement à tous mes précédents livres, ou le décors prend le pas sur les personnages (tellement j'aime peindre les paysages) pour ce conte les corps sont au centre et en premier plan.
Pour peindre les corps des personnages, je me suis directement inspirée de la danse orchestrée par Noureev. C'est même d'ailleurs pour certaines images des instants clés de sa chorégraphie qui m'ont donné toute l'architecture des illustrations.
Pour reproduire sur une image figée des instants chorégraphiés, j'ai recomposé différents moments successifs de la danse, recollé des gestes sur d'autres, transformer des danseuses en cygnes...


J'avais une certaine pression sur la justesse des corps ! À dessiner des postures que je serais bien incapable de tenir... Pour ça, je me suis permise d'utiliser des photos, des moments du ballet de Noureev en pause. J'ai visionné 500 fois le film du ballet (il s'agit d'une représentation à l'Opéra de Paris en 2006, avec Agnès Letestu, José Martinez, Karl Paquette...).
Ce qui m'a interpelée c'est que parfois, si on suit exactement le dessin du corps de la danseuse photographiée, le dessin semble faux, la posture trop "inhumaine", le lecteur n'aurait pas cru à mon dessin trop surréaliste (et pourtant fidèle !) et que j'ai donc dû adapter.
À d'autres moments, à l'inverse, il fallait plus exagérer la posture pour que ce soit expressif en dessin. C'était étonnant de voir la différence de perception entre photo et dessin.

J'espère sincèrement que le livre plaira à des danseurs et danseuses, qui ont l’œil très affuté pour observer les corps, les postures, les compositions...


mardi 8 octobre 2019

Massamba le marchand de tours Eiffel - Merci !

  







Merci aux libraires de défendre si bien notre Massamba. Le premier tirage étant épuisé, une nouvelle réimpression est disponible.
Merci aux différents prescripteurs du livre de vouloir le mettre dans toutes les petites mains : Massamba cumule déjà 6 sélections à des prix littéraires jeunesse. Ça veut dire que beaucoup de jeunes écoliers vont le découvrir, et qu'on va parcourir la France à leur rencontre pour en parler ensemble. Ça me réjouit.

J'en profite pour montrer le travail d'une classe de petits marocains (à Meknès, en mai dernier) qui m'avait fait la surprise de représenter en grand le périple de Massamba, de la mer à la tour Eiffel.







mardi 20 août 2019

Massamba le marchand de tours Eiffel - Prix Paris se Livre

Nous étions vendredi 14 juin dernier, dans le ciel, en haut de la tour Montparnasse pour recevoir le prix « PARIS SE LIVRE » remis par Jean-Christophe Rufin, pour Massamba, le marchand de tours Eiffel publié chez Gallimard.

Joie !









 



Une nuit, alors qu’il ne dormait pas, il vit plusieurs hommes sortir du grand dortoir en silence. Massamba leur emboîta le pas. Dans les collines hérissées de plantes épineuses, ils coururent longtemps.















mardi 5 février 2019

Massamba le marchand de tours Eiffel






































J'avais dessiné cette scène à l'origine pour la couverture du livre. Elle est devenue finalement une image intérieure.











En décembre dernier, Télérama a publié un très beau papier sur notre album. Je me permets de le copier ici.
Par Marine Landrot :

"Voici un album militant exemplaire qui a trouvé le parfait équilibre entre le fond et la forme. Le fond: l’endurance et le courage des migrants lancés dans leur voyage de survie, et le déploiement d’une acuité de chaque instant qu’exige l’exil, propre à forger des pouvoirs de superhéros. La forme: des illustrations à fleur de peau qui vibrent et qui respirent, des couleurs éclatantes que le papier absorbe et réverbère, en harmonie avec l’intense énergie du personnage. Qui est Massamba, dont le profil de médaille s’affiche sur la couverture de l’album ? La démultiplication des tours Eiffel autour de lui donne des indices. L’homme est auréolé de la vraie, écrasante et en apesanteur, chappe de métal pesant sur sa tête, fusée sortie de ses rêves. Il porte aussi des trousseaux de petites tours Eiffel pour touristes autour des bras, à la fois bracelets et menottes.
Au bout du pinceau d’Alexandra Huard, joyeux et gorgé d’émotion, perle toute l’ambivalence des sentiments qui agitent Massamba depuis sa fuite d’Afrique vers la France, terre d’accueil pas toujours accueillante. Comme Mamadou Gassama, le sans-papiers qui sauva un enfant en escaladant une façade d’immeuble à Paris, Massamba arrache une petite fille des roues d’un autobus. Ce n’est pas cet exploit qui fait de lui un héros, mais bien son art de dynamiter tout ce qui l’enferme, le submerge, par la simple force de son regard, dont les images restituent la sereine féérie. Non seulement l’illustratrice a réussi à illuminer le visage de Massamba, et à capter la force vitale qui le tient debout. Mais surtout, elle a su l’envelopper dans des fonds d’image riches de sens et sidérants de beauté. Gouttes noires de la mer qu’il faut traverser pour fuir, milliers de gravillons tranchants dont le héros s’isole les pieds grâce à des tongs fabriquées avec des bouteilles en plastiques, pépites d’éclairage public qui scintillent à l’infini dans le ciel : à la fois emprisonné et protégé par ce qui l’entoure, Massamba garde confiance et avance. Vivant, quel que soit son environnement."














lundi 19 novembre 2018

Le film de Massamba le marchand de tours Eiffel







Ça devient une coutume : nous avons réalisé un 4ème petit film, Julien Thomas et moi, pour animer mes illustrations du livre Massamba le marchand de tours Eiffel.
Je ne peux plus m'en passer, c'est une telle émotion de faire bouger ses personnages et voir le décor prendre vie...
Les textes sont de courts extraits de l'ouvrage, et ne révèlent que partiellement la première partie de l'histoire.
Musiques :
- "Boyiwa - Chant De Déploration Sur Le Cadavre" du disque Anthologie De La Musique Des Pygmées Aka enregistré en 1978 pour le label Ocora Radio France.
- "Nhemamusasa" de l'album Zimbabwe - The Soul Of Mbira sur le label Nonesuch Records.

mercredi 14 novembre 2018

Dédicaces - rencontres Massamba le marchand de tours Eiffel





Demain sort notre album: vous pourrez le trouver dans toutes les bonnes librairies !

À cette occasion, deux rendez-vous de prévus cette semaine pour vous le présenter :
- À Paris, le jour de la sortie : jeudi 15 novembre, à la librairie Le Merle Moqueur dans le 20ème, dès 19h30.
Discussion publique en compagnie de Béatrice Fontanel et moi-même, dédicaces, et présentation des peintures originales.

- À Lyon, plus précisément à la Croix-Rousse, le samedi 17 novembre, je serai à la librairie Vivement Dimanche entre 15h et 18h.
Dédicaces et présentation des peintures originales.

Pendant le salon du livre jeunesse de Montreuil, nous dédicacerons toutes les deux le dimanche 2 décembre entre 10h30 et 12h sur le stand des éditions Gallimard.

Je vais aussi présenter ce livre (et les autres !) en Bretagne : au salon du livre de Morlaix "La baie des livres" les 24 et 25 novembre.

Sans oublier Rouen, où je serai en dédicace aux côtés de Béatrice, au Festival du livre jeunesse, le samedi 1er décembre.

Et pour finir à la soirée de dédicaces organisée par l'école Émile Cohl à Lyon le jeudi 6 décembre à partir de 17h. En présence de NOMBREUX autres illustrateurs !


Au plaisir de peut-être se rencontrer à ces occasions ?





lundi 5 novembre 2018

Nouveauté : Massamba, le marchand de tours Eiffel - Gallimard Jeunesse




Le 15 novembre prochain sortira Massamba le marchand de tours Eiffel, ouvrage que j'ai illustré avec passion pendant de longs mois.
Pour la troisième fois, la talentueuse Béatrice Fontanel m'offre une histoire à laquelle je me rallie immédiatement et sans réserve, avec une envie de dessiner insatiable.
Notre première collaboration date de 2011, La Chose, aux éditions Sarbacane.
Nous nous retrouvons en 2016 avec Je suis la méduse, aux éditions Les Fourmis Rouges.
Cette fois ce sont les éditions Gallimard avec qui nous faisons équipe pour ce nouveau voyage, de l'Afrique à Paris.



Arrivé à Paris au terme d’un voyage éprouvant, Massamba doit s’improviser marchand de souvenirs pour touristes. Quand il découvre, en vrai, la tour Eiffel dont il a tant entendu parler… quel choc ! Devant lui elle s’élance, phénoménale, telle une fusée d’acier qui transperce les nuages. Vendre des tours Eiffel miniatures sous la grande : au début, il trouve ça trop fort. Mais il doit rester aux aguets…    






"Dans une grande pirogue, Massamba était monté avec d’autres hommes et quelques femmes. Ils étaient si encaqués qu’ils ne pouvaient plus bouger un genou.

Massamba n’avait jamais vu la mer. Il ne connaissait que le grand fleuve, tout proche de son village. Devant tant d’eau, il cherchait la rive en face, mais… il n’y en avait pas !


À la nuit tombée, pendant que les garde-côtes regardaient un match de foot à la télé, le bateau mit le cap vers la haute mer. Il filait, poussé par son vieux moteur rafistolé. Les poissons volants jaillissaient des eaux et luisaient sous la lune. Mais la houle était forte. Massamba eut aussitôt très mal au cœur."

 





J'aime toujours parler du contexte de création d'un album.
Pour ce titre, le contexte est lourd, avec des actualités tragiques qui se sont accumulées pendant la création du livre, qui s’entremêlent avec l'histoire.
Mais comme savent le faire les grands auteurs lorsqu'ils s'adressent aux enfants, le texte de Béatrice, loin de noyer le jeune lecteur dans le désespoir, lui donne l'intelligence de l'empathie.
En lui montrant avec douceur le visage d'un homme qui vient de loin, qui aime les langues, qui a les yeux grands ouverts...



Le texte, comme toujours chez Béatrice, est très beau à lire à voix haute. Il reste parfaitement à hauteur d'enfant, sans l'accabler de ce que le monde a de pire mais au contraire en lui montrant les manifestations d'humanité, qu'on trouve quand on sait bien regarder, et qui nous font grandir.

Je me suis donnée comme mot d'ordre de suivre le même cap avec mes images. Ce livre n'est pas un reportage réaliste sur l'immigration. Ce livre est une histoire, un conte moderne. Les enfants pourront s'attacher à ce héros, je l'espère autant que moi en le dessinant.
Pourtant je dois avouer que ça n'a pas été facile du tout de peindre ce périple avec toutes ses couleurs, moi, adulte, consciente du nombre de héros comme Massamba, hommes, femmes et enfants, qui n'arriveront jamais au bout de leur voyage.
Maintenir le récit dans sa visée pleine d'espoir n'a pas été facile, mais c'était nécessaire pour donner toute la force à cet album jeunesse, et pour que les images s'associent avec le ton du texte.

Béatrice a écrit ce récit il y a plusieurs années. La première fois qu'elle m'en a parlé c'était... en 2012, il y a déjà 6 ans.
Nous sommes en 2018 et notre album donne l'impression d'avoir été écrit cette année, pour être au plus proche de l'actualité récente. Pourtant il n'en est rien: triste de constater que depuis tout ce temps l'histoire est la même...
Autre résonnement troublant avec l'actualité de cette année : l'incroyable destin de Mamadou Gassama dont le dénouement est le même que pour notre héros.
Encore une fois, on pourrait penser que c'est ce fait divers récent qui a inspiré l'histoire de l'album. Mais nous n'avions pas attendu Mr Gassama pour savoir que les héros modernes étaient partout, et pouvaient se révéler avec autant d'éclat. Petite mise au point tout de même : non, je ne pense pas qu'il faille être un sur-homme pour mériter un accueil digne en France, des papiers, et une vie meilleure. Les autres héros modernes qui se battent avec leur quotidien de migrants dans l'ombre mériteraient au même titre plus de considération... Qu'ils soient capables, ou non, de grimper 4 étages en quelques secondes... Et surtout, surtout, Mamadou G. au même titre de notre Massamba, après ce qu'il a traversé était déjà un héros avant son coup d'éclat. Ils sont tous des héros, leur histoire commence avant.

Le 1er mai dernier, un vendeur de tours Eiffel décède suite à ses blessures : renversé par un fourgon de police alors qu’il tentait de leur échapper. Il s'appelait Ismaëla Bocar Dé

Enfin, à titre personnel, mes propres rencontres cette année se sont entremêlées avec la fiction de ce nouvel album. J'ai survolé six fois la Méditerranée au cours de ce projet pour des séjours en Afrique de l'Ouest, avec le confort et la facilité pour passer les frontières qu'un passeport européen offre. Là-bas, j'ai rencontré un Camerounais qui avait tenté la traversée mais avait échoué. Ils sont partis à douze de leur pays. Seuls trois sont encore en vie, dont deux sont retenus en Libye.

C'était une première pour moi de dessiner une fiction qui avait tant de résonances avec le présent. Chaque événement, rencontre, actualité, a influencé mon travail tout au long de la réalisation de ce livre.

Mes amis du Bénin se sont laissés observer, dessiner, prendre en photo pour les besoins du livre. Merci à Jean-Lucien et Jacques qui ont tous deux inspirés l'allure de Massamba.

D'autres œuvres m'ont accompagnées :
Le film Fuocoammare de Gianfranco Rossi
La série de documentaires radiophoniques "Journal à deux voix" : le journal d'Ibrahima et de Sow, deux migrants originaires de Côte d'Ivoire, qui tentent de s'installer en France malgré les difficultés....
Le reportage La Traversée clandestine de Grégoire Deniau

Et toujours sur le même thème, je viens de voir sur la plateforme Tënk le cours documentaire Atlantiques réalisé par Mati Diop (soit dit en passant : la nièce du grand réalisateur sénégalais Djibril Diop Mambety dont j'ai déjà parlé).

(J'en profite pour vous recommander la plateforme Tënk : avec un abonnement de 6 euros par mois, c'est l'accès à une sélection riche et constamment renouvelée de films documentaires à découvrir...)


mardi 24 avril 2018

Exposition Lyon

Amis de Lyon, la bibliothèque de Gerland (7ème) m'a invitée à présenter l'ensemble des peintures originales du livre "Le Lance-Pierres de Porto-Novo" dans ses murs.
Le vernissage de l'exposition est prévu DEMAIN (mercredi 24 avril) entre 17h et 19h. J'espère vous y voir nombreux !
Je dédicacerai le livre à cette occasion, grâce aux libraires de Rive Gauche (Guillotière) qui nous approvisionneront en albums.
L'exposition sera présentée jusqu'à fin mai.



mardi 27 mars 2018

Le Lance-pierres de Porto-Novo - Presse


La très bonne nouvelle de la semaine dernière, c'est un article signé Kidi Bebey pour Le Monde Afrique à propos de notre livre. Par ici :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/03/16/album-jeunesse-un-drole-d-oiseau-a-porto-novo_5272023_3212.html

Merci à la journaliste, ça réchauffe le cœur !