lundi 19 novembre 2018

Le film de Massamba le marchand de tours Eiffel







Ça devient une coutume : nous avons réalisé un 4ème petit film, Julien Thomas et moi, pour animer mes illustrations du livre Massamba le marchand de tours Eiffel.
Je ne peux plus m'en passer, c'est une telle émotion de faire bouger ses personnages et voir le décor prendre vie...
Les textes sont de courts extraits de l'ouvrage, et ne révèlent que partiellement la première partie de l'histoire.
Musiques :
- "Boyiwa - Chant De Déploration Sur Le Cadavre" du disque Anthologie De La Musique Des Pygmées Aka enregistré en 1978 pour le label Ocora Radio France.
- "Nhemamusasa" de l'album Zimbabwe - The Soul Of Mbira sur le label Nonesuch Records.

mercredi 14 novembre 2018

Dédicaces - rencontres Massamba le marchand de tours Eiffel





Demain sort notre album: vous pourrez le trouver dans toutes les bonnes librairies !

À cette occasion, deux rendez-vous de prévus cette semaine pour vous le présenter :
- À Paris, le jour de la sortie : jeudi 15 novembre, à la librairie Le Merle Moqueur dans le 20ème, dès 19h30.
Discussion publique en compagnie de Béatrice Fontanel et moi-même, dédicaces, et présentation des peintures originales.

- À Lyon, plus précisément à la Croix-Rousse, le samedi 17 novembre, je serai à la librairie Vivement Dimanche entre 15h et 18h.
Dédicaces et présentation des peintures originales.

Pendant le salon du livre jeunesse de Montreuil, nous dédicacerons toutes les deux le dimanche 2 décembre entre 10h30 et 12h sur le stand des éditions Gallimard.

Je vais aussi présenter ce livre (et les autres !) en Bretagne : au salon du livre de Morlaix "La baie des livres" les 24 et 25 novembre.

Sans oublier Rouen, où je serai en dédicace aux côtés de Béatrice, au Festival du livre jeunesse, le samedi 1er décembre.

Et pour finir à la soirée de dédicaces organisée par l'école Émile Cohl à Lyon le jeudi 6 décembre à partir de 17h. En présence de NOMBREUX autres illustrateurs !


Au plaisir de peut-être se rencontrer à ces occasions ?





lundi 5 novembre 2018

Nouveauté : Massamba, le marchand de tours Eiffel - Gallimard Jeunesse




Le 15 novembre prochain sortira Massamba le marchand de tours Eiffel, ouvrage que j'ai illustré avec passion pendant de longs mois.
Pour la troisième fois, la talentueuse Béatrice Fontanel m'offre une histoire à laquelle je me rallie immédiatement et sans réserve, avec une envie de dessiner insatiable.
Notre première collaboration date de 2011, La Chose, aux éditions Sarbacane.
Nous nous retrouvons en 2016 avec Je suis la méduse, aux éditions Les Fourmis Rouges.
Cette fois ce sont les éditions Gallimard avec qui nous faisons équipe pour ce nouveau voyage, de l'Afrique à Paris.



Arrivé à Paris au terme d’un voyage éprouvant, Massamba doit s’improviser marchand de souvenirs pour touristes. Quand il découvre, en vrai, la tour Eiffel dont il a tant entendu parler… quel choc ! Devant lui elle s’élance, phénoménale, telle une fusée d’acier qui transperce les nuages. Vendre des tours Eiffel miniatures sous la grande : au début, il trouve ça trop fort. Mais il doit rester aux aguets…    






"Dans une grande pirogue, Massamba était monté avec d’autres hommes et quelques femmes. Ils étaient si encaqués qu’ils ne pouvaient plus bouger un genou.

Massamba n’avait jamais vu la mer. Il ne connaissait que le grand fleuve, tout proche de son village. Devant tant d’eau, il cherchait la rive en face, mais… il n’y en avait pas !


À la nuit tombée, pendant que les garde-côtes regardaient un match de foot à la télé, le bateau mit le cap vers la haute mer. Il filait, poussé par son vieux moteur rafistolé. Les poissons volants jaillissaient des eaux et luisaient sous la lune. Mais la houle était forte. Massamba eut aussitôt très mal au cœur."

 





J'aime toujours parler du contexte de création d'un album.
Pour ce titre, le contexte est lourd, avec des actualités tragiques qui se sont accumulées pendant la création du livre, qui s’entremêlent avec l'histoire.
Mais comme savent le faire les grands auteurs lorsqu'ils s'adressent aux enfants, le texte de Béatrice, loin de noyer le jeune lecteur dans le désespoir, lui donne l'intelligence de l'empathie.
En lui montrant avec douceur le visage d'un homme qui vient de loin, qui aime les langues, qui a les yeux grands ouverts...



Le texte, comme toujours chez Béatrice, est très beau à lire à voix haute. Il reste parfaitement à hauteur d'enfant, sans l'accabler de ce que le monde a de pire mais au contraire en lui montrant les manifestations d'humanité, qu'on trouve quand on sait bien regarder, et qui nous font grandir.

Je me suis donnée comme mot d'ordre de suivre le même cap avec mes images. Ce livre n'est pas un reportage réaliste sur l'immigration. Ce livre est une histoire, un conte moderne. Les enfants pourront s'attacher à ce héros, je l'espère autant que moi en le dessinant.
Pourtant je dois avouer que ça n'a pas été facile du tout de peindre ce périple avec toutes ses couleurs, moi, adulte, consciente du nombre de héros comme Massamba, hommes, femmes et enfants, qui n'arriveront jamais au bout de leur voyage.
Maintenir le récit dans sa visée pleine d'espoir n'a pas été facile, mais c'était nécessaire pour donner toute la force à cet album jeunesse, et pour que les images s'associent avec le ton du texte.

Béatrice a écrit ce récit il y a plusieurs années. La première fois qu'elle m'en a parlé c'était... en 2012, il y a déjà 6 ans.
Nous sommes en 2018 et notre album donne l'impression d'avoir été écrit cette année, pour être au plus proche de l'actualité récente. Pourtant il n'en est rien: triste de constater que depuis tout ce temps l'histoire est la même...
Autre résonnement troublant avec l'actualité de cette année : l'incroyable destin de Mamadou Gassama dont le dénouement est le même que pour notre héros.
Encore une fois, on pourrait penser que c'est ce fait divers récent qui a inspiré l'histoire de l'album. Mais nous n'avions pas attendu Mr Gassama pour savoir que les héros modernes étaient partout, et pouvaient se révéler avec autant d'éclat. Petite mise au point tout de même : non, je ne pense pas qu'il faille être un sur-homme pour mériter un accueil digne en France, des papiers, et une vie meilleure. Les autres héros modernes qui se battent avec leur quotidien de migrants dans l'ombre mériteraient au même titre plus de considération... Qu'ils soient capables, ou non, de grimper 4 étages en quelques secondes... Et surtout, surtout, Mamadou G. au même titre de notre Massamba, après ce qu'il a traversé était déjà un héros avant son coup d'éclat. Ils sont tous des héros, leur histoire commence avant.

Le 1er mai dernier, un vendeur de tours Eiffel décède suite à ses blessures : renversé par un fourgon de police alors qu’il tentait de leur échapper. Il s'appelait Ismaëla Bocar Dé

Enfin, à titre personnel, mes propres rencontres cette année se sont entremêlées avec la fiction de ce nouvel album. J'ai survolé six fois la Méditerranée au cours de ce projet pour des séjours en Afrique de l'Ouest, avec le confort et la facilité pour passer les frontières qu'un passeport européen offre. Là-bas, j'ai rencontré un Camerounais qui avait tenté la traversée mais avait échoué. Ils sont partis à douze de leur pays. Seuls trois sont encore en vie, dont deux sont retenus en Libye.

C'était une première pour moi de dessiner une fiction qui avait tant de résonances avec le présent. Chaque événement, rencontre, actualité, a influencé mon travail tout au long de la réalisation de ce livre.

Mes amis du Bénin se sont laissés observer, dessiner, prendre en photo pour les besoins du livre. Merci à Jean-Lucien et Jacques qui ont tous deux inspirés l'allure de Massamba.

D'autres œuvres m'ont accompagnées :
Le film Fuocoammare de Gianfranco Rossi
La série de documentaires radiophoniques "Journal à deux voix" : le journal d'Ibrahima et de Sow, deux migrants originaires de Côte d'Ivoire, qui tentent de s'installer en France malgré les difficultés....
Le reportage La Traversée clandestine de Grégoire Deniau

Et toujours sur le même thème, je viens de voir sur la plateforme Tënk le cours documentaire Atlantiques réalisé par Mati Diop (soit dit en passant : la nièce du grand réalisateur sénégalais Djibril Diop Mambety dont j'ai déjà parlé).

(J'en profite pour vous recommander la plateforme Tënk : avec un abonnement de 6 euros par mois, c'est l'accès à une sélection riche et constamment renouvelée de films documentaires à découvrir...)


mardi 24 avril 2018

Exposition Lyon

Amis de Lyon, la bibliothèque de Gerland (7ème) m'a invitée à présenter l'ensemble des peintures originales du livre "Le Lance-Pierres de Porto-Novo" dans ses murs.
Le vernissage de l'exposition est prévu DEMAIN (mercredi 24 avril) entre 17h et 19h. J'espère vous y voir nombreux !
Je dédicacerai le livre à cette occasion, grâce aux libraires de Rive Gauche (Guillotière) qui nous approvisionneront en albums.
L'exposition sera présentée jusqu'à fin mai.



mardi 27 mars 2018

Le Lance-pierres de Porto-Novo - Presse


La très bonne nouvelle de la semaine dernière, c'est un article signé Kidi Bebey pour Le Monde Afrique à propos de notre livre. Par ici :

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/03/16/album-jeunesse-un-drole-d-oiseau-a-porto-novo_5272023_3212.html

Merci à la journaliste, ça réchauffe le cœur !






























mardi 19 décembre 2017

Le Lance-pierres de Porto-Novo -6- Arts, Cultures et Spiritualités du Bénin
















Sans trop vous en dire, l'histoire de notre dernier album
Le Lance-pierres de Porto-Novo, écrit par Florent Couao-Zotti, démarre comme un conte...

[...]
– Et si l’oiseau était simplement la vieille femme
qu’on a croisée derrière le monument ?
– Quoi ?
– Tu as bien vu comme moi une vieille femme
qui venait de je ne sais où et qui traversait la
place…
– Et alors ?
– Il se peut que l’oiseau et elle soient la même
personne.
– Me raconte pas des clous, Noukpo.
– T’as pas entendu des fois les grandes personnes
dire que les oiseaux ont des parents chez les
hommes et que, quand ils reçoivent de grands
coups, ils se transforment en humains pour
supporter les chocs et éviter de mourir ?




Avec l'un de mes motifs préférés de conte, on ne peut plus universel et ancien, la femme-oiseau.
Sauf que nous ne sommes pas dans un lointain "il était une fois" mais dans le Bénin contemporain.
Alors, magie ou réalisme ? Superstition ou spiritualité ?
L'histoire joue avec cette ambiguïté et j'adore ça.





L'histoire se situe de nos jours à Porto-Novo.
Porto-Novo est la capitale historique et officielle du Bénin (alors que Cotonou est la plus grande ville et la capitale économique).
C'est la ville aux trois noms : Adjatché pour les Yoruba, Hogbonou pour les Goun, Porto-Novo pour les Portugais conquis par sa ressemblance avec Porto.
Ces trois noms témoignent du brassage des populations dont les héritages culturels sont bien visibles.
La ville a aussi accueilli la population dite des Agoudas ou Afro-brésiliens : anciens esclaves et descendants d’anciens esclaves du Brésil repartis en Afrique à la reconquête de leur terre d'origine. Ces derniers emmenant avec eux leur culture brésilienne (elle-même très métissée).
À Porto-Novo, on croise donc des églises inspirées de l'architecture coloniale, des mosquées au style baroque revisité par les Agoudas, des villas avec des façades qui nous transportent à Bahia au Brésil, des architectures traditionnelles avec l'ancien palais royal d'Hogbonou, des espaces sacrés Vaudou...



 (photos prises sur place l'an dernier)

Si vous vous intéressez au culte Vaudou et au lien entre les cultes du Dahomey (nom historique du Bénin) et de ceux aux Amériques (Haïti et Bahia, les deux principaux lieux où les populations arrachées au Dahomey ont été emmenées lors de la traite des esclaves), deux ouvrages :
- Le superbe livre de photographie de Pierre Fatumbi Verger, Dieux d'Afrique. Il met en parallèle des cérémonies photographiées au Bénin et au Brésil, la ressemblance est troublante. C'est beau, c'est fascinant... C'est ici.
- L'étude ethnologique passionnante d'Alfred Métraux, Le vaudou haïtien.
Si vous vous intéressez plus largement aux cultes d'Afrique subsaharienne L'Afrique Fantôme de Michel Leiris m'a beaucoup appris.
Et j'ai été fascinée par les films documentaires de Jean Rouch réunis dans le coffret Une aventure Africaine. Par ici.

Je reviens à notre album.
Il n'est pas question de cérémonie ou de culte dans Le Lance-pierres de Porto-Novo.
Par contre il est question d'un objet bien particulier, le Lance-Pierres Yoruba.






 "Contrairement aux autres, le lance-pierres de Porto-Novo est fin,
 fabriqué en bois de teck, stylisé
avec un certain art de l’équilibre. 

Le plus souvent, un visage était sculpté à l’intersection des deux branches. 
Et ce n’était pas un visage ordinaire,
mais la reproduction d’un masque,

le masque guèlèdè."

















Dans la première version, le texte de l'album était plus long.
Florent Couao-Zotti avait écrit un magnifique paragraphe expliquant ce qu'était le Gèlèdé (ou Guèlèdé).
Hélas, le texte étant jugé trop long pour un album jeunesse, et ce paragraphe étant sur un ton plus documentaire que narratif, il n'est plus sur la version finale...

Par contre, en complément de l’album, une affiche a été imprimée par les éditions Sarbacane avec toutes les informations sur Porto-Novo et le Gèlèdé inscrites au dos. (Amis libraires, si vous voulez l'affiche, n'hésitez pas à la demander auprès des éditions Sarbacane, elle est gratuite !)

Je me permets de parler plus longuement ici de la merveilleuse tradition des danses avec des masques Gèlèdé car il serait trop dommage de passer à côté !
Instituteurs, profs, documentalistes... si par bonheur vous souhaitez étudier notre album en classe, la découverte du Gèlèdé pourrait être un bon moyen "d'aller plus loin" et de prolonger la découverte de la culture béninoise...
(je me prends à rêver d'élèves français qui connaissent aussi bien des aspects des cultures d'Afrique francophone que les élèves africains francophones connaissent aujourd'hui les Fables de La Fontaine !)

La cérémonie du Gèlèdé me plait car elle réunit à la fois l'art de la danse, du chant, de la musique, de la sculpture, et du théâtre de marionnettes... (rien que ça !)
Des chants en langue yoruba, de la musique par quatre tam-tam et des danses masquées ont lieu à la fin des récoltes, et lors d'événements importants comme certaines naissances, décès, et mariages ou en cas de sécheresse ou d'épidémie.
Les effets impressionnants de la cérémonie font dire au peuple yoruba que « les yeux qui ont vu le Gèlèdé ont vu le spectacle ultime » (oju to ba ri Gelede, ti de opin iran).



Le danseur ne porte pas le masque sur le visage mais posé sur la tête, lui donnant une taille impressionnante.
Le visage du danseur est quant à lui dissimulé sous un tissu.
J'ai parlé d'art de marionnettes car le masque a deux 'étages' :
La partie inférieure représente un visage de femme calme sous une forme conventionnelle, simple et statique.
Au dessus, différentes représentations, animaux, symboles, personnages...
Souvent, la partie supérieure peut être animée en s'articulant avec des ficelles dissimulées sous le masque et actionnées par le porteur du masque alors même qu'il exécute une danse.
La cérémonie a donc aussi une narration grâce aux scènes qui s'animent sur le masque. Il y a de quoi parler de spectacle ultime n'est-ce pas !



Cette cérémonie est un hommage rendue aux femmes, comme créatrices et protectrices de la vie, douées de la connaissance des pouvoirs curatifs des plantes, forces régulatrices garantes de l'ordre social et moral.
Mais le danseur est toujours un homme... qui se transforme en accueillant même parfois sur son torse un ventre de femme sculpté, enceinte ou allaitante.

La féminité et l'injonction à l’enfantement est l'un des thèmes principaux de l'album Les Lance-pierres de Porto-Novo.
L'évocation du Gélédè fait miroir au destin d'Adéniké, personnage de l'album.






































"Belle, la jeune femme, charme de princesse ajouté
à la sobriété des manières. Jamais, personne ne
pouvait se rassasier de l’admirer, elle éclaboussait
le monde autour d’elle par la générosité de son
cœur autant que par le fleuri de son visage. Mais
c’est connu : ici, sous nos cieux, une femme a
beau éblouir les yeux, tant qu’elle n’est pas mère,
tant que, de son bassin, n’est pas sorti un enfant,
sa beauté est inutile."










 
J'ai découvert le Gélédè grâce à une exposition au Musée des cultures d'Afrique de l'Ouest à Lyon 7.
Si vous voulez en voir plus :
- L'artiste contemporain Kifouli Dossou a créé pour l'exposition Le Sondage à la Fondation Zinsou une série de masques Gélédè. Sur la partie supérieure, les scènes représentent les principales préoccupations et revendications du peuple béninois. L'artiste a sondé ses compatriotes pour savoir quels étaient pour eux les enjeux actuels pour la société béninoise. Le livre d'expo du même nom est très beau. C'est par ici.
- La photographe Phyllis Galembo a magnifiquement pris en photo des masques Gèlèdé portés. Ils sont visibles (parmi beaucoup d'autre masques et costumes) dans le bel ouvrage Maske. Par ici par ici !

À Cotonou j'ai rencontré une prof de français, Nathalie Darras, qui a assisté à une cérémonie Gèlèdé  et l'a très bien raconté sur son blog : ici et ici. Ses photos nous donnent bien l'ambiance et rendent justice à la beauté des masques ! Allez-y c'est passionnant, j'aurais aimé y être !!!




 © Nathalie Darras. Foncez voir ses autres photos et le récit complet de cette nuit sur son blog !



*** Anecdote béninoise ***

Alors que je commençais mon travail d'illustration de l'album Le lance-pierres de Porto-Novo, je suis retournée une deuxième fois au Bénin. L'occasion de rencontrer en vrai l'auteur du texte. J'ai pu visiter avec lui tous les lieux où se passe son histoire, idéal pour l'illustrer au mieux !
J'avais à cette époque un obstacle : je devais représenter un lance-pierre Yoruba avec donc le fameux masque gèlèdé à l'intersection des branches, mais impossible de trouver un exemple d'un tel lance-pierres, ni sur le net, ni dans les musées d'art africain que j'ai visités. En demandant à Florent s'il en possédait un qu'il pourrait me montrer, il me confia que s'il en voyait souvent lorsqu'il était jeune, il n'en a plus vu un seul depuis plusieurs années... Je ne peux quand même pas inventer son allure, je risquerais de tomber à côté !

De passage à Abomey, ancienne capitale du Dahomey, je rendis visite à un grand artiste, Ives Apollinaire Pède dans son atelier.
Yves Apollinaire s'exprime à travers une autre pratique ancestrale béninoise : l'art de l'appliqué (toile en morceaux de tissus cousus entre eux représentant des scènes narratives).
(Parenthèse : c'est dans cet atelier qu'ont été réalisés tous les appliqués qui illustrent le magnifique ouvrage Océan Noir de William Wilson paru aux éditions Gallimard Giboulées. C'est pour les petits et les grands, c'est à mettre entre toutes les mains, c'est beau, c'est important, foncez)



 (atelier de Ives Apollinaire Pédè)

L'Artiste m'invite à revenir lui rendre visite le soir même, car son galeriste breton sera présent et qu'il voudrait me le présenter.
Je rencontre comme ceci Jean-Yves Augel. Je découvre qu'il est le plus grand collectionneur de masque Gèlèdé, et que l'exposition à Lyon qui m'a fait découvrir cet art n'est rien d'autre que sa propre collection...
Toujours embêtée de n'avoir trouvé un seul lance-pierres Yoruba pour pouvoir illustrer correctement mon livre, je tente : en a t'il entendu parlé ? Sait-il a quoi cela ressemble ?
Merveilleuse coïncidence : il est aussi le plus grand collectionneur de lance-pierres d'Afrique de l'Ouest ! Il a justement fait photographier sa collection dernièrement en vue d'un ouvrage à paraitre... Deux lances-pierres de sa grande collection correspondent à celui que je dois dessiner.
Il m'a gentiment fourni les photos nécessaires pour que je puisse le représenter dans notre album. Merci à lui !
Je ne manquerai pas de vous signaler la sortie prochaine de son livre sur les Lance-pierres.

J'arrête là ma longue tartine, j'espère ne pas avoir perdu en cours de route mes quelques lecteurs...








mardi 21 novembre 2017

Romain Gary - The Kites

Ça y est, je suis rentrée en France :'^( :'^( :'^(
Pour me consoler, à mon arrivée, j'ai trouvé dans la boite aux lettres :
Un roman de ROMAIN GARY dont j'ai illustré la couverture.
Mon rêve depuis le lycée...
C'est grâce aux éditions Text Publishing qui publient la version Australienne, et surtout grâce à la traductrice Miranda Richmond qui a repéré cette illustration que j'avais faite en groupie il y a quelques années. C'est tellement un CADEAU des commandes comme ça...
Titre original : Les Cerfs-Volants.
À lire.

(C'était une petite parenthèse avant de vous parler de nouveau de mon dernier album. Oui j'ai encore des choses à dire !) 

mercredi 25 octobre 2017

Le Lance-pierres de Porto-Novo -5- Exposition à Cotonou


J'ai appris que je n'avais pas que des lecteurs français sur ce blog, mais aussi des lecteurs béninois.
Ce message est donc pour eux : l'ensemble des peintures originales du livre Le Lance-pierres de Porto-Novo est exposé au CCF (Institut Français) de Cotonou, quartier Awhanleko sur l'avenue Jean-Paul II cette semaine.
AUJOURD'HUI (mercredi 25 octobre) rendez-vous à 18h au CCF pour une rencontre avec Florent Couao-Zotti et moi-même, sous la paillote. Nous y parlerons de nos métiers respectifs et de la création de ce livre. La librairie Notre-Dame sera présente pour proposer le livre à la vente, que nous pourrons vous dédicacer.
J'espère vous rencontrer à cette occasion !

Merci à Vincent et son apprenti pour m'avoir aidée à monter l'expo dimanche !











Il est possible aussi, sur place, de découvrir le petit film de présentation que nous avons réalisé avec Julien Thomas.
Au plaisir de vous rencontrer ce soir !



 ***


 EDIT 31/10/17 : L'exposition touche déjà bientôt à sa fin (plus que quelques jours pour la voir).
J'ajoute ici quelques photos de la rencontre publique en compagnie de Florent Couao-Zotti à L'Institut Français de Cotonou. C'était une très belle soirée !
Un grand MERCI à toute l'équipe de l'Institut Français !
La bonne nouvelle : comme l'exposition a été prolongée d'une semaine supplémentaire, elle était montée en même temps que le concert samedi soir à l'Institut Français du mythique Orchestre Poly-rythmo de Cotonou. C'est bête mais cette concomitance m'a bien fait plaisir !